Angers: un prof de lycée suspendu après une plainte pour injures à caractère religieux

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Un élève d'un lycée catholique d'Angers a porté plainte contre un de ses professeurs en dénonçant des injures à caractère religieux. L'enseignant assure qu'il s'agissait d'humour.

Une polémique de taille dans un lycée professionnel catholique d'Angers. Jeudi dernier, un élève a porté plainte contre son professeur pour injures publiques à raison de la race ou de la religion d'après le Courrier de l'Ouest. L'enseignant aurait estimé qu'ouvrir les établissements catholiques à toutes les confessions était un "problème", et que le jeune homme pouvait "changer de religion".

Après un échange tendu, l'élève se serait levé en lançant "raciste" à l'encontre du professeur d'économie-gestion, avant de le bousculer. Face à la plainte qui le visait, ce dernier s'est également rendu au commissariat d'Angers afin de déposer plainte pour "violences sur une personne chargée d'une mission de service public". "L'enquête ne fait que débuter", d'après le procureur de la République Eric Bouillard, qui a confirmé les deux plaintes croisées auprès de nos confrères.

Le professeur admet avoir invité "les musulmans à nous rejoindre et à devenir catholiques", mais assure au Courrier de l'Ouest qu'il ne s'agissait que de "second degré".

Mise à pied

"L'humour n'est pas bien passé auprès de la classe", a estimé l'enseignant, maintenant qu'il n'avait jamais tenu de propos racistes. "Ça fait 27 ans que j’enseigne, c’est la première fois que je suis confronté à une telle situation. Ça n’a pas de sens. L’élève a cru bon de déposer plainte. J’ai proposé de discuter avec lui et ses parents, le refus a été catégorique", a-t-il regretté.

Le directeur du lycée Joseph-Wresinki d'Angers, qui assure que "20%" de ses élèves "sont de jeunes musulmans" et que tout le monde "vit très bien tous ensemble", a expliqué avoir suspendu l'enseignant pour "pour conserver l’intégrité de l’enseignant, qui craindrait pour sa vie, pour préserver la présomption d’innocence et le déroulement de l’enquête". La mise à pied sera effective jusqu'aux vacances de Noël, et pourra être prolongée.

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