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La jeune femme de 36 ans accompagne de nombreuses autrices engagées dans leurs projets, parfois bien au-delà du monde de l’édition. Parmi celles-ci, Titiou Lecoq et Mona Chollet, qui publient chacune un nouvel essai.

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Ariane Geffard, à Paris, le 6 septembre 2021. Ariane Geffard, à Paris, le 6 septembre 2021.

Au soleil, en terrasse d’un café parisien, place de la Bastille, où elle a ses habitudes, on a craint un instant que les rayons compromettent son teint de porcelaine. Mais les apparences sont ­trompeuses : sous ses airs de délicate poupée rétro, Ariane Geffard a le cuir épais. Et le tempérament aventurier. En cette rentrée, l’agente littéraire de 36 ans, qui a créé il y a cinq ans sa structure avec son associée, Laura Biberson, et s’est spécialisée pile au bon moment dans l’­accompagnement d’autrices féministes, a du pain sur la planche.

Son écurie est partout : Camille Emmanuelle, la femme du dessinateur Luz, raconte son après-Charlie dans Ricochets (Grasset), la chanteuse Clara Ysé, fille de la psychanalyste Anne Dufourmantelle, publie son ­premier roman, Mise à feu (Grasset), Titiou Lecoq son nouveau récit, Les Grandes oubliées (L’Iconoclaste), Mathieu Palain a sorti fin août son second roman, Ne t’arrête pas de courir (L’Iconoclaste), en attendant bien sûr Mona Chollet. L’essayiste engagée, devenue une référence en 2018 avec Sorcières (260 000 exemplaires vendus), présente, le 16 septembre, un essai au thème stimulant : comment aimer les hommes quand on est féministe, Réinventer l’amour. Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles (La Découverte).

Fille d’une militante MLF

En amont de ces publications, Ariane Geffard a aidé à choisir les éditeurs et négocié les contrats. En aval, elle est occupée à gérer les succès (ou les déceptions) et à faire fructifier les renommées, en vendant les droits audiovisuels en vue d’adaptations en film, podcast ou série, en réfléchissant avec les auteurs à la bonne stratégie de carrière, en facilitant les rencontres fertiles avec des producteurs, des éditeurs, des programmateurs, pour faire fleurir les carrières de ses clients. Alors que le mouvement #metoo a donné un coup de jeune au mot « féminisme », générant dans le milieu du livre une avidité de projets sur la question, Ariane Geffard a de quoi faire.

Si elle s’est un temps cherchée, a connu quelques années « d’errance professionnelle », cette native de Bordeaux n’a en revanche, assure-t-elle, jamais eu de doutes sur son engagement. Fille d’une militante du MLF – qui gère aujourd’hui au sein de sa structure la branche consacrée à la littérature ­jeunesse –, baignée depuis toute petite « dans la culture des luttes sociales », elle aurait, dit-elle, imprimé cette coloration sur ­n’importe quel métier : « Si j’avais été prof, j’aurais été prof ­féministe. »

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