Comment Emmanuel Macron prépare son nouveau tour de France à moins d’un an de la présidentielle

il y a 1 mois 135

« Tu vas en prendre plein la gueule et ça ne va pas toujours te plaire. Mais ça va te rendre service », a prévenu dernièrement Karl Olive, le maire divers droite de Poissy (Yvelines), alors en pleine conversation avec Emmanuel Macron. Les deux hommes, qui échangent très régulièrement, ont l’habitude des conversations franches, directes, parfois même rugueuses. Et cette fois encore, à quelques jours d’entamer son tour de France, le président de la République a été servi. « Je ne saurais trop te recommander d’aller sentir le cul des vaches, parler aux Français, rencontrer les maires », a poursuivi l’édile, par ailleurs président de l’association de maires Génération terrain. « Je sais, et j’en ai envie », lui a répondu le locataire de l’Elysée, visiblement prêt à en découdre.

Début juin devrait ainsi marquer le lancement de cette grande tournée présidentielle, aux allures de campagne électorale, annoncée le 30 avril dans Le Parisien. « Je veux reprendre mon bâton de pèlerin, aller dans les territoires », avait confié ce jour-là Emmanuel Macron, avec la volonté de « reprendre le pouls du pays ».

L’idée ? « Accompagner les Français dans le retour à la vie normale, s’assurer du déploiement des 70 milliards qu’il reste à flécher dans le cadre du plan de relance, et bien sûr écouter les attentes de chacun », explique le Palais. À raison de plusieurs déplacements par semaine, en format déambulation dans les rues, visites d’entreprises, rencontres avec les tissus associatifs, discussions sur le modèle du Grand Débat national, « sans filtre », précise-t-on. Et pendant deux mois, minimum. Partout en France, « dans les villages, comme dans les grandes agglomérations », parfois sur des séquences de plusieurs jours.

Un avant-goût dès ce mercredi

« En ce moment, les réunions s’enchaînent pour définir l’agenda précis des semaines à venir. Si les conditions sanitaires le permettent, ça va être chargé », assure un proche. Et le chef de l’Etat pourrait même en avoir un avant-goût dès cette semaine, à l’occasion d’une sortie probablement organisée ce mercredi, date officielle de la réouverture des terrasses.

Reste à savoir quel accueil lui réservera le terrain. « Il sait que son image est dégradée dans l’opinion. Il y a urgence à recoller les morceaux, très vite », s’inquiète un député de la majorité. « Et puis, mesure-t-il à quel point les Français restent très anxieux sur la sécurité, l’emploi et le Covid ? J’ai un doute, ça va être rude pour lui », s’alarme un soutien, affirmant que Macron ne s’attend pas à vivre que des moments heureux lors cette itinérance. « Mais c’est un combattant. Il s’entraîne toutes les semaines à la boxe. Il est prêt », embraye un stratège macroniste.

Humer l’air du pays dans la perspective de 2022

Personne ne peut croire que ces rencontres n’ont pas aussi pour ambition de humer l’air du pays dans la perspective de 2022. « Il est déjà en campagne pour sa réélection, ça ne fait aucun doute », pilonnent ces derniers jours ses adversaires. « La critique est facile. Mais que dirait-on s’il restait enfermé à l’Elysée au moment où le pays rouvre et qu’il y a plein de défis à mener ? » répond son entourage.

Un déplacement loin de la métropole serait également en préparation pour la fin juillet, très certainement en Polynésie française, où Macron ne s’est jamais rendu depuis son élection. Tout sauf un hasard, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu revient justement d’une tournée de huit jours dans l’archipel… « C’était aussi pour y préparer la venue du président », croit savoir un conseiller qui imagine déjà les « photos de lui avec les colliers de fleurs et la carte postale à la Chirac ». Comme un air de campagne, forcément.

Lire l'article