Covid-19: l'OMS s'alarme d'un ralentissement de la lutte contre le VIH en Afrique

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En pleine crise du Covid-19, la lutte contre le VIH est passé au second plan sur le continent africain. À tel point que l'OMS s'inquiète et demande aux gouvernements de ne pas ralentir le rythme.

Un virus peut en cacher un autre. L'Organisation mondiale de la santé s'est inquiétée ce mardi d'un ralentissement de la lutte contre le VIH, qui avait considérablement progressé au cours des dix dernières années à cause du Covid-19. L'OMS a appelé à combattre simultanément ces deux pandémies.

De nombreux pays ont pris du retard sur les objectifs internationaux, "et les difficultés liées au Covid-19 ont aggravé la situation", a déclaré l'institution dans un communiqué. L'objectif mondial est de mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d'ici 2030.

Selon des données de la Conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles (ICASA), qui se tient actuellement en Afrique du Sud, seuls neuf pays sont en bonne voie d'atteindre l'objectif: le Botswana, le Cap-Vert, le Kenya, le Lesotho, le Malawi, le Nigeria, l'Ouganda, le Rwanda et le Zimbabwe.

Le Covid-19 "a rendu encore plus difficile la lutte contre le VIH, mais un virus ne doit pas prendre le pas sur un autre", a mis en garde le Dr Matshidiso Moeti, directrice de l'OMS Afrique, citée dans le communiqué.

Les femmes au centre de la stratégie?

Le nombre de nouvelles infections avait diminué de 43% au cours de la dernière décennie et le nombre des décès avait diminué de près de la moitié. À ce jour, 37,7 millions de personnes vivent avec le virus, selon l'ONU. En 2020, 680.000 personnes sont mortes d'une maladie liée au sida. "À moins que les gouvernements n'accélèrent le rythme, n'augmentent les ressources et ne s'engagent à renforcer leurs systèmes de santé fragiles, nous ne parviendrons pas à parcourir la dernière ligne droite", a averti le Matshidiso Moeti.

Présent lors de l'ouverture de l'ICASA, le ministre de la Santé sud-africain, Joe Phaahla a mis en avant l'importance de protéger en priorité les Africaines. "Le visage du VIH est encore très majoritairement celui d'une femme noire", a-t-il déclaré. L'Afrique subsaharienne abrite les deux tiers (67%) des personnes vivant avec le VIH selon l'ONU, et les femmes et les filles représentent 63% des nouvelles infections. Avec 7,8 millions de cas, l'Afrique du Sud est le plus pays du monde le plus touché. En 40 ans, le sida a tué 36,3 millions de personnes, selon l'ONU.

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