Covid-19: le pic de la cinquième vague est-il en passe d'être atteint?

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Si les contaminations au Covid-19 continuent d'augmenter, la hausse est moins rapide que celle observée la semaine dernière en France. La tension hospitalière ne fait toutefois que commencer.

"Peut-être le début d'un ralentissement". Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a fait preuve de prudence ce mardi matin sur les suites de la cinquième vague de l'épidémie de Covid-19 qui touche la France, avec toutefois un soupçon d'optimisme.

"Ce qu'on constate depuis quelques jours, c'est peut-être le début d'un ralentissement de la progression de l'épidémie", a évoqué le membre du gouvernement chez nos confrères de France Inter, précisant que le plateau était loin d'avoir été atteint. "On a certainement pas passé le pic, l'épidémie continue de progresser et de gagner du terrain rapidement", a-t-il poursuivi.

Une hausse des contaminations mais moins rapide

Que disent les derniers chiffres de Santé Publique? Qu'un taux d'incidence inédit a été relevé en France: 444 cas pour 100.000 habitants entre le 28 novembre et le 4 décembre 2021. À titre de comparaison, il s'élevait à 247,8 au pic de la quatrième vague, à 366,5 au pic de la troisième vague et à 501,5 au pic de la deuxième vague. La circulation virale est donc particulièrement importante en France.

Les dernières données épidémiologiques, rapportées par Covidtracker, font état de 43.566 cas en moyenne chaque jour (+44% par rapport à la semaine dernière). Une hausse importante, même si elle s'avère moins élevée que celle rapportée entre le 22 et le 28 novembre dernier (+60,5% par rapport à la semaine précédente).

"On a atteint un nombre de contaminations quotidiennes élevées [...] ce qu'on observe ces derniers jours, c'est que cette hausse est un peu moins forte", relève sur BFMTV Guillaume Rozier, fondateur de Covidtracker et créateur de la plateforme Vitemadose. "L'épidémie continue de progresser et de gagner du terrain mais d'une manière un peu moins explosive qu'avant"; poursuit-il.

Une augmentation des hospitalisations a priori jusqu'à fin décembre

Si le jeune ingénieur juge encore difficile de dater le pic des contaminations, il table sur "les prochains jours ou les prochaines semaines". Reste qu'il ne s'agira pas ici du pic du secteur hospitalier, celui-ci survenant environ deux semaines après les cas positifs.

Selon les dernières données de Santé Publique France, le cap des 12.000 hospitalisations a été franchi avec 12.714 patients (+24%) pris en charge à l'hôpital pour une infection à Covid-19 dont 2351 en soins critiques (+29% sur une semaine). En outre, 107 décès ont été rapportés ces dernières 24 heures en France, soit 53,6% de plus que mardi dernier.

"Situation extrêmement tendue" à l'hôpital

La semaine dernière, le ministre de la Santé avait estimé sur Franceinfo que le pic de la vague pourrait intervenir à la fin du mois de janvier "si rien ne change", sans préciser s'il évoquait un pic épidémique ou un pic hospitalier. Pour le médecin généraliste Jérôme Marty, il faut garder à l'esprit que les réanimations vont augmenter jusqu'à la fin décembre, "or on voit bien qu'un certain nombre d'hôpitaux ont déjà déclenché leur plan blanc".

"La situation est extrêmement tendue", confie sur BFMTV Lionel Velly. Le chef du service anesthésie réanimation à l'hôpital de la Timone à Marseille explique que "l'accélération des admissions en réanimation a fait qu'on était obligés d'avoir ce plan blanc [...]. Dans les dix jours à venir, si ça continue comme ça, il va y avoir déprogrammation (d'opérations, NDLR)", prévient le médecin.

Rouen, Montpellier, Tours, Rennes, Lille... La liste des centres hospitaliers ayant déclenché ce plan d'urgence ne cesse de s'allonger depuis plusieurs jours, signe que la cinquième vague ne fait que s'aggraver à l'hôpital.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV

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