Covid-19 : «Les chiffres laissent à penser que le couvre-feu suffit», selon Castex

il y a 6 jours 21

Par Alexandre Sulzer et Pauline Théveniaud avec J.A. 

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11 janvier 2021 à 15h21

, modifié le 11 janvier 2021 à 19h36

Un troisième confinement? « Dans l'absolu, il n'est pas exclu. Mais les chiffres actuels de l'épidémie en France nous laissent à penser que le couvre-feu suffit. » Voici ce qu'a confié ce lundi Jean Castex aux présidents de groupes parlementaires de l'Assemblée nationale, puis du Sénat, lors de deux visioconférences. S'il devait resserrer les vis - ce qui n'est pas acté -, le gouvernement semble plutôt pencher actuellement pour une extension du couvre-feu à 18 heures sur tout le territoire.

« Nous faisons tout pour éviter un troisième confinement, mais toutes les options sont sur la table », a insisté le Premier ministre, en attendant d'en savoir plus sur l'effet du Nouvel An et la diffusion du variant anglais. Et alors que le prolongement jusqu'en juin de l'état d'urgence sanitaire sera débattu le 18 janvier à l'Assemblée.

Si des participants se sont plaints de n'avoir « rien appris », il s'agissait de donner des gages pour le gouvernement, critiqué sur la mise en œuvre de sa stratégie vaccinale. Les parlementaires ont été accueillis avec un tableau détaillé du planning des commandes, par type de vaccin, jusqu'au mois d'avril. « Il semble évident que l'épidémie étant loin d'être terminée, le nombre de doses de vaccins sera insuffisant », a déploré le patron des sénateurs PS, Patrick Kanner.

Tout comme son homologue LR Bruno Retailleau, il demande à ce que les informations sur le nombre de vaccinés apparaissent sur l'application TousAntiCovid. L'exécutif entend justement, à terme, mettre en place une communication quotidienne à ce sujet, de manière aussi systématique que pour les chiffres de la contamination.

Dans les tuyaux aussi, une campagne de communication gouvernementale et un premier bilan fin janvier. Un souci au sommet de l'Etat : « Faire adhérer le plus de gens possible à l'idée de se faire vacciner, tout en faisant comprendre que ce n'est pas parce qu'il y a un vaccin que, d'un seul coup, tout va revenir comme avant », confie un conseiller de l'exécutif. Rien d'un hasard, donc, si Jean Castex a martelé devant les parlementaires : « Ce n'est parce que l'on vaccine que l'on peut oublier les gestes barrière. »

Castex agacé

A suivi, en fin de journée, une réunion de travail à l'Elysée « dans la continuité » de celle organisée la semaine passée afin, explique-t-on au sein de l'exécutif, de « passer en revue l'ensemble de la chaîne ». Et de maintenir la pression.

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Selon plusieurs sources, le Premier ministre est apparu agacé, devant les parlementaires, par les critiques sur la lenteur de la campagne vaccinale. « Aux questions au gouvernement, je peux faire les questions comme les réponses ! » a-t-il ironisé. Une référence aux attaques de l'opposition, qu'il trouve systématiques,. « La critique, ce n'est pas la polémique », lui rétorque le patron des députés LR, Damien Abad, laissant augurer… qu'il ne s'agissait pas là de la dernière partie de ping-pong entre l'opposition et l'exécutif.

Un calendrier des vaccins qui se précise

Le chef de l'exécutif en a précisé pour redéfinir auprès des parlementaires le calendrier de livraison des vaccins. A propos des produits de Pfizer/BioNTech et Moderna, il assure de nouveau que d'ici fin janvier, 2,7 millions de doses seront disponibles puis plus du double, 5,8 millions de doses cumulées à la fin du mois de février. Un mois plus tard, ce chiffre devrait atteindre selon Jean Castex les 10,5 millions, puis les 17 millions fin avril.

 «Les chiffres laissent à penser que le couvre-feu suffit», selon Castex

Concernant le vaccin d 'AstraZeneca, il a également livré des précisions, soulignant qu'on attendait encore la validation de sa mise sur le marché par les autorités sanitaires. Ainsi, fin février, 5 millions de doses pourraient être reçues, pour 9 millions un mois plus tard et 13 millions en avril.

Pour le vaccin Curevac, lui aussi sans homologation en Europe à ce stade, 2 millions de doses pourraient être reçues fin mars si le scénario se déroule comme prévu et le double seraient ainsi disponibles à la fin du mois d'avril. Enfin, avec le vaccin encore non validé Janssen, qui ne nécessite qu'une seule dose, la France pourrait en recevoir 3 millions fin avril, pour arriver à 5 millions fin mai et 8 millions en juin, toujours selon les chiffres diffusés ce lundi matin aux parlementaires.

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