Cinéma Les envies du Monde

Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques cinéma du « Monde » proposent leurs choix de films à découvrir en salle.

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LA LISTE DE LA MATINALE

Le désert et sa chambre d’échos métaphysiques s’invitent sous plusieurs formes dans les films qui sortent cette semaine. Comme la planète sablonneuse de Dune, génératrice de mystérieuses épices psychotropes, ou les plaines arides du Genou d’Ahed, où vient se perdre un réalisateur fulminant d’amour-haine contre son propre pays, Israël. Côté documentaire, c’est plutôt un gouffre qui s’ouvre sous les pieds du spectateur, amené à constater les situations de corruption généralisée dans L’Affaire collective ou d’injustice criante dans L’Etat du Texas contre Melissa

A ne pas manquer

« Le Genou d’Ahed » : diatribe d’adieu à la Terre mère

Le 15 décembre 2017, Ahed Tamimi, jeune militante palestinienne qui s’oppose à l’occupation des territoires, gifle l’un des deux soldats israéliens accoudés au mur d’enceinte de la maison familiale, à Nabi Saleh (Cisjordanie), près de Ramallah.

La vidéo de l’altercation fait le tour du Web, contribuant à ériger la jeune fille, condamnée à huit mois de prison, en une icône de la résistance à la colonisation. Le député israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich déplore que les soldats ne lui aient pas tiré dessus, « au moins dans le genou », de sorte que son assignation à résidence soit définitive.

Cet événement et ces propos sont au cœur du quatrième long-métrage du réalisateur Nadav Lapid, dont le personnage principal, un cinéaste baptisé Y, alter ego du réalisateur, veut tirer un film qui pourrait s’appeler Le Genou d’Ahed.

Y s’envole pour le désert du Néguev, dans l’extrême sud du pays, où il doit présenter l’un de ses anciens films à Sapir, une bourgade de 3 000 habitants située dans la vallée de l’Arava. Il y passera l’espace d’une journée entre deux femmes : sa mère, qui se meurt d’un cancer à Tel-Aviv, et Yahalom, directrice adjointe des bibliothèques au ministère de la culture, native de Sapir. C’est elle qui l’incite à parler de son film, c’est elle qu’il voudra tuer pour ne pas avoir à l’aimer. L’idée affleure que la belle Yahalom, ce pourrait être l’idée d’Israël telle que Nadav Lapid la filme avant de la quitter. Jacques Mandelbaum

« Le Genou d’Ahed », film israélien de Nadav Lapid. Avec Avshalom Pollak, Nur Fibak (1 h 49).

« L’Affaire collective » : un journaliste contre la corruption

Tout commence comme un polar, avec ses cadavres, son enquête, ses suspects. A ceci près que ce n’est pas une fiction, mais un documentaire, et à son meilleur : quand la réalité prise en filature donne le vertige et se révèle, scène après scène, chaque fois plus incroyable.

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