Enquête sur Marine Le Pen : le RN accuse Éric Dupond-Moretti de «fuite», le ministre dénonce «un mensonge de plus»

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Le Rassemblement national a dénoncé dimanche une manœuvre politique du pouvoir après la sortie dans le Journal du dimanche (JDD) d’un rapport de police synthétisant l’enquête qui vaut à Marine Le Pen d’être mise en examen depuis 2018 pour des soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés RN. « Le JDD, organe officiel du pouvoir macroniste, ressort la même sempiternelle affaire des assistants parlementaires, comme à chaque élection », a réagi sur Twitter Marine Le Pen, courroucée de voir cette affaire refaire surface à un mois des élections régionales prévues les 20 et 27 juin.

Le JDD, organe officiel du pouvoir macroniste, ressort la même sempiternelle affaire des assistants parlementaires, comme à chaque élection.

Rien de neuf sous le soleil, sauf peut-être des bons sondages en vue ? MLP https://t.co/MkFLckbIsq

— Marine Le Pen (@MLP_officiel) May 16, 2021

« Rien de neuf sous le soleil, sauf peut-être des bons sondages en vue ? » a continué Marine Le Pen sur Twitter. Le trésorier du RN, Wallerand de Saint-Just, a directement accusé sur BFM TV le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti d’être à l’origine de la « fuite » du rapport, « un tissu ignoble d’inexactitudes et de calomnies », dénonçant un « viol du secret de l’instruction ».

« Je ne l’ai jamais fait »

Une accusation à laquelle a répondu plus tard dans la journée, dimanche, le garde des Sceaux, sur la même chaîne. « C’est un mensonge de plus, de la politique de caniveau », a-t-il dénoncé. Et Éric Dupond-Moretti de déplorer « que les procès-verbaux fassent l’objet d’une publication », même pour Marine Le Pen, « qui est une justiciable comme les autres ».

« La Constitution me l’interdit, je ne l’ai jamais fait », a ajouté l’homme politique, qui s’est lancé en campagne dans les Hauts-de-France pour empêcher une victoire du RN. Marine Le Pen « utilise et instrumentalise cette procédure pour dire que la police, qu’elle soutient tout le temps, aurait obéi au garde des Sceaux », a aussi dénoncé Éric Dupond-Moretti, demandant à « Marine Le Pen et ses camarades de respecter la police et la justice ».

Le Journal du dimanche fait état d’un rapport de 98 pages de l’office anticorruption (OCLCIFF) daté du 15 février et adressé à la juge d’instruction Claire Thépaut, qui a mené les investigations. La magistrate a toutefois été nommée en décembre au tribunal de Bobigny et n’est plus chargée du dossier.

Le rapport synthétise, « possiblement à l’intention de la nouvelle magistrate chargée du dossier » commente un des acteurs de l’affaire, les éléments réunis par l’enquête ouverte en mars 2015 et confiée fin 2016 à des juges d’instruction du pôle financier du tribunal de Paris. Environ 25 élus et assistants du RN, dont la présidente Marine Le Pen, son père Jean-Marie et de hauts dirigeants, sont mis en examen pour « détournements de fonds publics » ou recel de ce délit.

Les magistrats soupçonnent le RN d’avoir « de manière concertée et délibérée » mis en place un « système de détournement » des enveloppes allouées par l’UE à chaque député pour rémunérer des collaborateurs parlementaires (21 000 euros mensuels). Ces collaborateurs auraient travaillé en réalité pour le parti frontiste, lui permettant ainsi des économies substantielles sur ses salaires.

« Pratiques totalement inacceptables »

La publication de ce rapport a été une opportunité pour les opposants au RN, à un mois des élections régionales. « Manifestement Marine Le Pen et le Front national ont un problème avec l’argent public », a critiqué le patron des députés LREM Christophe Castaner sur LCI/RTL/Le Figaro. L’ex-LR Valérie Pécresse a dénoncé sur radio J des « pratiques totalement inacceptables » qui en disent, selon elle, « long sur le cynisme et les méthodes du RN ». « Le RN au Parlement européen, c’est un peu Prends l’oseille et tire-toi », a répliqué le secrétaire d’Etat Clément Beaune sur Europe 1/Cnews/Les Echos.

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