Fracture

il y a 1 mois 124

Au-delà du satisfecit que les électeurs envoient à Valérie Pécresse (son bilan est jugé positif à 63 %, selon notre sondage Ipsos/Sopra Steria pour Le Parisien-Aujourd’hui en France et France Info), le principal enseignement de ce sondage est un signal d’alarme. La montée de la délinquance est devenue la première préoccupation des Franciliens, et de façon écrasante. Très loin devant le chômage. Très loin aussi devant le terrorisme. Le traumatisme de l’assassinat de Samuel Paty en octobre dernier s’est estompé.

Cette focalisation sur la délinquance s’explique par la flambée de violence en Ile-de-France où les altercations et les rixes ont augmenté de 25 % en un an. A y regarder de plus près, on voit se dessiner très nettement dans notre sondage deux camps qui font resurgir un clivage droite/gauche. Les sympathisants de la droite, de la République en marche, rejoints par les électeurs du Rassemblement national, expriment massivement un besoin d’ordre et d’autorité. A l’inverse, les électeurs de la France Insoumise, du PS et des écologistes pointent d’abord les inégalités sociales et l’emploi parmi leurs principales inquiétudes.

Le pays semble plus fracturé que jamais. Les ferments du mouvement des Gilets jaunes sont toujours là. En témoigne la vigueur de la réaction des Français sur les réseaux sociaux aux informations publiées la semaine dernière sur des dîners clandestins à plusieurs centaines d’euros. C’est un sujet d’inquiétude pour l’exécutif qui tente aussi d’agir sur ce front-là. L’annonce de la suppression de l’ENA mercredi n’a rien de fortuite. Chacun fait le constat que « la guerre contre le Covid » n’a pas créé un mouvement d’union nationale.

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