Cinéma Les envies du Monde

Chaque mercredi dans « La Matinale », les journalistes de la rubrique cinéma du « Monde » livrent leurs critiques des sorties de la semaine.

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LA LISTE DE LA MATINALE

« Lingui, les liens sacrés », film tchadien de Mahamat-Saleh Haroun (2021). « Lingui, les liens sacrés », film tchadien de Mahamat-Saleh Haroun (2021).

Un film d’espionnage au Japon, le portrait d’une mère aux prises avec les lois tchadiennes, les errements d’une jeunesse indécise dans une banlieue middle class américaine et le retour à la vie d’une veuve septuagénaire… Autant de belles découvertes à faire dans les salles de cinéma cette semaine.

A ne pas manquer

« Les Amants sacrifiés » : une histoire d’espionnage en trompe-l’œil

Les films de Kiyoshi Kurosawa apparaissent souvent comme des constructions complexes, des édifices à étages multiples, une sédimentation de sensations et de significations. Les conventions des genres cinématographiques n’y sont que des trompe-l’œil masquant d’abyssales, et parfois très abstraites, interrogations. Les Amants sacrifiés est une œuvre construite sur un suspense à la nature ambiguë – à la fois criminelle mais aussi, et surtout, intime. Le cinéaste fait ainsi subir aux mécanismes du film d’espionnage ce qu’il avait fait subir à ceux du film d’épouvante, non pas tant les subvertir qu’en révéler leur qualité profonde, les dénaturer pour en extraire une forme de vérité plus universelle, plus dérangeante parfois.

Kobe, 1941. Après avoir découvert que l’armée japonaise se livrait à des crimes de guerre en Mandchourie, Yusaku Fukuhara (Issey Takahashi), un industriel respecté, décide d’en réunir les preuves, sous la forme d’un film amateur, afin de convaincre la communauté internationale d’entrer en guerre contre l’Empire nippon. Le film s’engage d’abord sur la voie d’un scénario hitchcockien, celui du soupçon conjugal. Satoko (Yu Aoi), l’épouse de Fukuhara, découvre progressivement les projets de son mari et accepte de l’aider à quitter le pays en possession des documents incriminants. Mais ce postulat va subtilement vaciller sur ses bases et s’enrichir de développements inattendus, d’interrogations inabouties. Comme si le mystère n’était pas appelé à s’éclaircir, mais à déployer des ramifications comme autant de questions irrésolues. Jean-François Rauger

Film japonais de Kiyoshi Kurosawa. Avec Yu Aoi, Issey Takahashi, Masahiro Higashide (1 h 55).

« Lingui, les liens sacrés » : au Tchad, une précieuse solidarité féminine

Depuis son premier film, Bye Bye Africa (1999), Mahamat-Saleh Haroun – né au Tchad en 1961, installé en France depuis quarante ans – fait œuvre cinématographique du pays (et du continent) qui l’a vu naître. Une orientation qui a valeur d’engagement pour le réalisateur dont le travail tend à inclure l’histoire présente de l’Afrique noire dans la marche du monde. Ainsi a t-il donné une portée universelle aux déchirements du Tchad, par la voix intime des personnages qu’il a mis en scène dans ses précédents films.

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