Les "kungas", ces animaux créés par les humains avant la domestication des chevaux

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Il y a 4500 ans, les Sumériens avaient réussi à créer un hybride entre un âne et un âne sauvage pour créer un canasson de guerre particulièrement rapide.

Un mystère résolu par la science. Au British Museum, une fresque en bois vieille de 4500 ans, l'étendard d'Ur, montre depuis des années des Sumériens, un ancien peuple de Syrie et d'Irak, utiliser des animaux qui ressemblent fortement à des chevaux pour tirer un char. Seulement, à cette période, les chevaux n'avaient pas été domestiqués.

Ce vendredi, une étude publiée dans Science Advances, et relayée par Le Parisien, révèle que ces bêtes, nommées "kungas", étaient un croisement entre un âne domestique et un âne sauvage, créé par les humains.

"Les hybrides étaient plus grands et rapides que les ânes, mais stériles. Pour en avoir de nouveaux, il fallait régulièrement capturer des ânes sauvages, ce qui était difficile car ils étaient très rapides, plus rapides que les chevaux, et très agressifs, indomptables", raconte Thierry Grange, coauteur de l'étude, au Parisien.

"Un Kunga valait six âne"

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont procédé à un séquençage du génome de squelettes retrouvés dans le nord de la Syrie. En tout, une quarantaine d'entre eux avaient été retrouvé au début des années 2000, enterrés devant des chars de guerre.

Selon Eva-Maria Geigl, directrice de recherche au CNRS, également interrogée par Le Parisien, ces animaux hybrides étaient très recherchés, au point de coûter cher. "Un kunga valait six ânes domestiqués. Certains étaient offerts lors de mariages royaux", assure-t-elle au quotidien. Des conclusions tirées de l'analyse de tablettes cunéiformes qui servaient de relevés de transactions.

Malgré tout, l'introduction des chevaux dans la région aura eu raison de cette race si particulière. Ceux-ci pouvant se reproduire, ils avaient un avantage non négligeable sur les kungas.

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