Loi « sécurité globale » : 22 000 manifestants dont 7 000 à Paris

il y a 6 jours 31

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi en France à l'appel notamment des organisations de journalistes contre la proposition de loi sécurité globale, adoptée la veille par l'Assemblée nationale et jugée attentatoire à « la liberté d'expression » et à « l'Etat de droit ». La vingtaine de manifestations organisées en France ont réuni quelque 22 000 personnes, dont 7 000 à Paris, 2 000 à Marseille et 1 300 à Montpellier, a appris l'Agence France-Presse auprès de la préfecture de police de Paris (PP) et de source policière.

Dans la capitale, les milliers de manifestants se sont réunis dans le calme place du Trocadéro dans l'après-midi pour dire leurs craintes face à cette proposition de loi qui encadre notamment la diffusion d'images des forces de l'ordre.

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Aux alentours de 17 heures, après l'ordre de dispersion diffusé par les forces de l'ordre, la tension est peu à peu montée sur la place du Trocadéro, où plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées depuis 14 h 30 dans le calme pour défendre notamment la liberté de la presse. Vers 19h30, la place avait été quasiment entièrement évacuée par les forces de l'ordre. 23 personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police de Paris qui n'a pas communiqué le nombre de manifestants.

L'article 24 au centre des inquiétudes

Une conférence de presse a été organisée parallèlement au siège de la Ligue des droits de l'homme, en présence d'Amnesty International, de représentants des syndicats de journalistes et d'un responsable d'un syndicat de policiers minoritaire, la CGT-Intérieur. L'Assemblée nationale a voté vendredi soir, après l'avoir amendée, la mesure la plus controversée de la proposition de loi « sécurité globale » : l'article 24 pénalisant la diffusion malveillante de l'image des forces de l'ordre, avec des garanties du gouvernement sur le « droit d'informer ».

Cet article, mais aussi la possible utilisation de drones et la crainte de la reconnaissance faciale par les caméras de surveillance, ont suscité une intense émotion dans les médias. Une inquiétude relayée à l'Assemblée nationale à la gauche de l'hémicycle, notamment par La France insoumise (LFI). « Nous sommes inquiets de la lente déliquescence de l'État de droit, qui semble mener à un État de police », a déclaré Arie Alimi, membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme.

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Un an de prison et 45 000 euros d'amende

L'article litigieux pénalise d'un an de prison et 45 000 euros d'amende la diffusion de « l'image du visage ou tout autre élément d'identification » des forces de l'ordre en intervention quand elle porte « atteinte » à leur « intégrité physique ou psychique ». Dans le viseur du gouvernement, les campagnes sur les réseaux sociaux.

Cet article 24, qui a été salué par la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, comme « allant dans le bon sens », spécifie que la mesure ne peut porter « préjudice au droit d'informer ». « Si la liberté de la presse peut être attaquée, les policiers et les gendarmes peuvent l'être également », avait argumenté Gérald Darmanin lors du débat.

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