Moral, activité: les entreprises françaises peinent en juin face à l'inflation

il y a 2 semaines 31

La croissance de l'activité dans le secteur privé en France a nettement marqué le pas en juin, passant de 57 points à 52,8 points, retombant ainsi à son rythme de janvier en pleine vague Omicron.

Activité et moral qui se tassent: les entreprises sont à la peine en France en juin, pénalisées par l'inflation qui pèse sur la demande et les coûts, selon deux indicateurs publiés jeudi.

La croissance de l'activité dans le secteur privé en France a nettement marqué le pas en juin, passant de 57 points à 52,8 points, retombant ainsi à son rythme de janvier en pleine vague Omicron, selon un indice provisoire publié jeudi par S&P Global, et très suivi par les marchés.

Un taux supérieur à 50 marque une expansion de l'activité, un taux inférieur à cette limite une contraction.

Activité la plus faible depuis avril 2021

"Si l'on exclut ce tassement de la croissance en début d'année, l'expansion de l'activité observée en juin est la plus faible enregistrée depuis avril 2021", souligne S&P dans un communiqué.

La production manufacturière a même décliné ce mois-ci, "affaiblie par une baisse de la demande et par le maintien des difficultés d'approvisionnement", tandis que l'activité globale du secteur a légèrement progressé, mais à un rythme au plus bas depuis 19 mois.

Dans les services, c'est l'incertitude quant à la dégradation de la conjoncture économique qui freine l'activité, et on ne peut écarter le risque d'une contraction dans les prochains mois, estime Joe Hayes, économiste chez S&P Global, cité dans le communiqué.

La confiance des chefs d'entreprises a, elle aussi, chuté à son plus bas niveau depuis 19 mois, l'inflation et ses répercussions sur la demande inquiétant particulièrement les chefs d'entreprises.

Un constat que rejoint l'indicateur de climat des affaires publié également jeudi par l'Insee.

Situation aggravée par l'incertitude politique

Il s'est légèrement dégradé de 2 points par rapport à mai, reflétant une baisse d'optimisme dans le secteur des services et dans le commerce de détail, au moment où l'inflation atteint en France des niveaux plus vus depuis les années 1980, freinant la consommation des ménages.

A l'inverse, le climat des affaires progresse un peu dans le bâtiment (+1 point), témoignant toutefois surtout d'une opinion plus favorable sur leur activité passée qu'un plus grand optimisme pour l'avenir, ainsi que dans l'industrie (+2 points), avec de meilleures perspectives en matière de production.

En parallèle le climat général de l'emploi se dégrade en juin pour le troisième mois consécutif, particulièrement dans les services, les agences d'intérim et le commerce de détail, même s'il reste supérieur à sa moyenne de long terme, note l'Insee.

"Le ralentissement de l'économie française est également aggravé par une nouvelle montée de l'incertitude politique", avec l'absence de majorité claire dégagée à l'issue des élections législatives, a également souligné Joe Hayes de S&P Global, qui note que les résultats de l'enquête de juin "mettent donc en évidence des risques tangibles de récession en France".

Un risque écarté à ce stade par la Banque de France, qui table dans son scénario central dévoilé mardi sur une croissance de 2,3% cette année pour l'économie française.

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