Motion des magistrats de Marseille face à des conditions de travail "indignes"

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Ils préviennent que la juridiction marseillaise n'est "plus en mesure de rendre une justice à la hauteur des attentes légitimes du justiciable".

Les magistrats du tribunal judiciaire de Marseille ont signé ce mardi une motion pour s'associer à la tribune publiée dans Le Monde fin novembre dénonçant "les conditions indignes dans lesquelles ils sont contraints d'exercer leurs fonctions".

"Les magistrats du tribunal judiciaire de Marseille réunis en assemblée générale s'associent aux constats dramatiques de la tribune signée par plus de 6.000 magistrats et fonctionnaires de greffe", ont-il écrit dans un communiqué.

"Malgré les précédentes alertes et motions prises depuis plusieurs années (...) le nombre de fonctionnaires de greffe et de magistrats du siège devrait être doublé et celui des magistrats du parquet devrait être triplé" au tribunal judiciaire de Marseille, le troisième de France après Paris et Bobigny (Seine-Saint-Denis), ont-ils ajouté.

Et ils préviennent que la juridiction marseillaise n'est "plus en mesure de rendre une justice à la hauteur des attentes légitimes du justiciable".

Un manque de moyens humains et matériels

En mars, le président du tribunal judiciaire Olivier Leurent avait poussé un "cri d'alarme" auprès de l'AFP et du Monde sur le manque de moyens, humains (magistrats, greffiers, assistants spécialisés, spécialistes informatique) comme matériels (avec dix salles d'audience manquantes).

"Si on ne fait pas quelque chose de fort en faveur de Marseille, nous ne parviendrons pas à juger certaines affaires et nous nous rapprocherons d'une situation de déni de justice" avec "d'un côté un sentiment d'impunité pour les auteurs" et "l'absence de justice pour les victimes, expliquait-il.

La semaine dernière, 450 fonctionnaires du tribunal de Marseille avaient adopté une motion similaire dénonçant "une pénurie criante" des moyens.

Un rapport attendu

Un rapport de l'Inspection générale de la Justice sur la situation marseillaise est attendu fin janvier.

Depuis la publication de la tribune dans Le Monde le 24 novembre, plus d'une quinzaine d'organisations professionnelles et syndicales d'avocats, fonctionnaires de greffe et magistrats ont appelé à une "mobilisation générale pour la justice" le 15 décembre.

Les magistrats de certains tribunaux comme à Lorient (Morbihan) ou Châlons-en-Champagne (Marne) ont eux refusé de participer aux États généraux de la Justice organisés par le gouvernement qui "occultent" selon eux la question des moyens.

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