Pas-de-Calais: 800 manifestants à Stellantis Douvrin contre la délocalisation de la production d'un moteur

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Les manifestants protestaient contre la délocalisation de la production d'un moteur essence en Hongrie, synonyme de "mort programmée" de l'usine, selon des syndicats.

Environ 800 personnes (syndicats et préfecture) ont défilé ce samedi près de l'usine Stellantis (ex-PSA) à Douvrin (Pas-de-Calais) pour protester contre la délocalisation de la production d'un moteur essence en Hongrie, synonyme de "mort programmée" de l'usine, selon des syndicats.

"Les salariés sont très inquiets", a rapporté à l'AFP Laurent Dubois (CFTC), qui réclame "le maintien de l'emploi sur notre site" fondé en 1969, où travaillent environ 1.500 personnes.

Selon les syndicats, l'usine risque de ne plus avoir de production d'ici à 2025, avec le probable arrêt du moteur diesel en 2023 et la délocalisation annoncée fin février de la production des moteurs essence EP génération 3 vers l'usine Opel de Szentgottard en Hongrie en 2023.

"La délocalisation sonne la fin pour nous"

"Sans cette production-là, on sera contraint de fermer l'usine. La délocalisation sonne la fin pour nous", prédit Joël Petit (CFDT).

"PSA a fait subir des accords de compétitivité, et finalement à peine Stellantis créée, la direction annonce la délocalisation" du moteur EP, s'insurge Régis Scheenaerts, de la CGT, qui n'était "pas signataire". "Ce qui se dessine, c'est la mort programmée de la Française de mécanique" (ancien nom de l'usine).

En juin, la direction doit annoncer où sera produit la nouvelle génération du moteur essence EB, produit actuellement sur plusieurs sites, dont Douvrin.

Etaient présents à la manifestation salariés, habitants et élus. "La production d'un nouveau moteur sur ce site est indispensable si nous voulons préserver les emplois : @StellantisFR doit s'y engager !", a tweeté le président du conseil régional Xavier Bertrand (ex-LR), candidat à sa propre succession, mais aussi à la présidentielle.

"Notre territoire, les efforts et le savoir-faire des salariés ne doivent pas être méprisés pour des intérêts financiers de court-terme !", a écrit dans un communiqué le député RN Bruno Bilde, présent avec Sébastien Chenu, député RN et tête de liste aux régionales.

Construction d'une "méga-usine" à partir de 2022

La construction tout près d'une "méga-usine" de batteries pour voitures électriques à partir de 2022, sous l'égide de la coentreprise Automotive Cells Company (ACC) - qui réunit à parts égales Stellantis avec le spécialiste français des batteries Saft, filiale de Total - peine à rassurer les syndicats.

"Elle n'absorbera pas (les emplois perdus)", selon Joël Petit. "Les subventions publiques, c'est pour créer de l'emploi, pas pour les transférer (d'un site à l'autre)".

D'après la direction d'ACC qui avait présenté le projet le 16 février, cette usine pourrait générer entre 1400 et 2000 emplois d'ici 2030.

"ACC va permettre qu'une partie des salariés soient repris à partir de 2023 (...) les conditions de transfert sont en cours d'élaboration", a assuré à l'AFP une porte-parole du groupe. Une cellule de reclassement vient d'être créée.

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