Prix en supermarché : le médiateur appelle à "accepter quelques centimes de plus"

il y a 3 jours 29

INTERVIEW

"A vouloir le prix à tout prix, on va en payer le prix parce qu'on détruit la qualité". Serge Papin, l’ancien patron de System U, a le sens de de la formule. Il est depuis plusieurs semaines chargé par le ministère de l’Agriculture de faire le médiateur lors des négociations commerciales annuelles qui déterminent les prix des produits vendus en supermarché. Les discussions sont tendues et un accord semble encore lointain, alors que la date limite du 1er mars approche. S’il appelle les distributeurs à faire un effort vis-à-vis des producteurs, Serge Papin pense aussi que les consommateurs peuvent prendre leur part dans ce dossier.

"Les auditeurs doivent comprendre qu’il faut qu’on aille vers du mieux", a-t-il martelé mardi sur Europe 1. "Evidemment, je suis conscient qu'on ne peut pas, par les temps qui courent, augmenter les prix d'une manière inconsidérée. Mais je vais prendre un exemple concret : pour que la filière bovine puisse bénéficier d'un prix payé par les acheteurs de 4,50 euros la viande en carcasse au lieu de 3,50 euros, l'augmentation au niveau du consommateur, c'est 4 centimes d'euro pour une portion de steak de 150 grammes."

"Qu'est ce qui coûte cher ? Ce sont les produits transformés, les plats cuisinés"

"La question qu'il faut se poser à travers cet exemple, c'est qu’on n’a peut-être pas besoin de consommer plus, mais consommer mieux", a poursuivi Serge Papin. "Il faut faire attention à ce qu'on mange et, du coup, accepter, pour des produits de meilleure qualité, respectueuse de l'environnement, respectueux de la santé, qu’on puisse accepter quelques centimes de plus, sur des produits qui le méritent. Il ne faut pas avoir peur de poser cette question."

Lex-patron de System U appelle aussi les consommateurs à acheter moins de produits finis et plus de matière à cuisiner soi-même. "Qu'est ce qui coûte cher ? Ce sont les produits qui sont transformés. C'est des produits élaborés, des plats cuisinés, des choses comme ça", a-t-il affirmé. "J'encourage à acheter des produits bruts ou de première transformation. On peut avoir aussi des économies de ce côté-là, mais il faut faire un peu de cuisine. Donc il y a aussi une pédagogie à faire vis-à-vis de nos concitoyens pour leur dire de revenir à des valeurs autour des achats."

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