Scor et Covea annoncent un "accord transactionnel" mettant fin à leur conflit

il y a 1 semaine 25

L'assureur mutualiste Covéa (MMA, MAAF et GMF) et le réassureur Scor ont signé un "protocole d'accord transactionnel" mettant fin au conflit qui les opposait depuis 2018.

Covéa et Scor enterrent enfin la hache de guerre. L'assureur mutualiste qui détient les marques MMA, MAAF et GMF et le réassureur ont annoncé jeudi avoir signé un "protocole d'accord transactionnel" mettant fin au conflit qui les opposait depuis 2018 et le rachat avorté du deuxième par le premier. Dans leur communiqué, Scor et Covéa disent "souhaiter retrouver des relations apaisées, fondées sur le professionnalisme, dans le respect de leurs indépendances respectives".

À l'origine de leur guerre médiatique et judiciaire, la proposition "amicale" de Covéa - premier actionnaire de Scor avec un peu plus de 8% du capital - à la fin de l'été 2018 de racheter le réassureur. Mais ce dernier avait sèchement rejeté l'offre au nom de son indépendance, et les relations entre les deux sociétés n'avaient fait que se détériorer depuis. L'accord annoncé jeudi prévoit le versement à Scor par Covéa "d'une somme de 20 millions d'euros hors taxe".

En novembre 2020, le tribunal de commerce de Paris avait condamné Covéa et son patron Thierry Derez à verser environ 20 millions d'euros à Scor, leur reprochant d'avoir à l'époque utilisé des informations confidentielles en vue de racheter le réassureur. Le groupe mutualiste et son dirigeant avaient fait appel de cette décision.

Les deux parties s'engagent également au "retrait immédiat des actions judiciaires" intentées, ainsi qu'à la "renonciation pour l'avenir à toutes actions judiciaires ou réclamations en lien" avec la proposition de rapprochement faite par Covéa en 2018. Covéa s'engage aussi "irrévocablement" à sortir du capital de Scor (dont il détient encore les 8%), et à "ne pas acheter, directement ou indirectement, seul ou de concert, pendant une durée de sept ans, d'actions Scor, y compris, le cas échéant, après cession totale ou partielle de sa participation".

Non-dénigrement

Scor et Covéa ont de même signé une "obligation de non-dénigrement réciproque, pour une durée de sept ans, concernant tout dénigrement, acte, propos ou initiative de nature à porter atteinte à l'image, à l'honneur, à la réputation, au nom ou aux intérêts des parties et leurs affiliés et de leurs dirigeants et mandataires sociaux".

Le conflit entre les deux groupes a été marqué par plusieurs étapes judiciaires: Scor avait engagé deux procédures, une devant la justice civile et l'autre au pénal, contre Covéa et son patron Thierry Derez. Le procès au pénal devait se tenir cet été. Covéa avait répliqué en portant plainte auprès du parquet national financier (PNF), accusant Scor d'avoir gonflé artificiellement son cours de Bourse en rachetant ses propres actions fin 2018.

Mais il y a deux semaines, l'Autorité des marchés financiers (AMF) avait indiqué au PNF que "les éléments dont elle disposait ne permettaient pas d'étayer des allégations de manipulation de cours" de Scor. Covéa avait également déposé en mars dernier une plainte pour manipulation de cours et abus de biens sociaux contre le PDG de Scor, Denis Kessler.

Et Scor avait engagé des poursuites contre les banques Barclays et Rothschild, qui avaient respectivement financé et conseillé Covéa dans sa tentative infructueuse de rachat. En dépit des efforts des autorités françaises soucieuses d'apaiser les esprits, les tentatives de conciliation menées en 2019 entre les deux groupes n'avaient jamais abouti.

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