Troupes russes repoussées, adhésion de la Suède à l'Otan: la situation au 82e jour de la guerre en Ukraine

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Cette 82e journée de guerre en Ukraine a été marquée par la demande officielle de la Suède de rejoindre l'Otan, provoquant de multiples réactions sur la scène internationale.

Alors que la Russie a poursuivi ses bombardements en Ukraine ce lundi, faisant au moins dix morts dans la région de Louhansk, Kiev a affirmé avoir repris le contrôle d'une partie de sa frontière. Sur le plan économique, le géant américain de la restauration rapide Mc Donald's et le constructeur automobile français Renault ont officialisé leur retrait de Russie. Mais c'est surtout sur la scène internationale que cette 82e journée de conflit a été marquée par la demande officielle de la Suède de rejoindre l'Otan, malgré les menaces de Vladimir Poutine et de la Turquie.

• Un bombardement russe tue 10 personnes dans la région de Louhansk

Au moins dix personnes ont été tuées dans des bombardements russes sur la ville de Severodonetsk, dans l'est de l'Ukraine, ce lundi. C'est ce qu'a indiqué le gouverneur de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, sur son compte Telegram.

"Au moins 10 personnes ont été tuées. Il est actuellement extrêmement difficile de vérifier la situation sur le terrain en raison des nouveaux bombardements", a déclaré le gouverneur, appelant les habitants qui n'ont pas fui à rester à l'abri.

Dans un message précédent ce lundi, le gouverneur avait averti de frappes "très puissantes" d'artillerie sur Severodonetsk, ville "quasiment encerclée" par les forces de Moscou et les séparatistes prorusses du Donbass, à en croire le maire de la ville, qui avait fait un point sur la situation sur le terrain dimanche.

• Kiev affirme avoir repris le contrôle d'une partie de la frontière avec la Russie

Sur le terrain militaire, les forces russes semblent stagner, voire reculer à certains endroits. Ce lundi, les autorités de Kiev ont annoncé que les troupes ukrainiennes avaient réussi à reprendre le contrôle d'une partie de la frontière avec la Russie dans la région de Kharkiv, dans le Nord-est du pays. Les forces russes auraient par ailleurs été repoussées au niveau d'un poste-frontière.

"Le 227e bataillon de la 127e brigade de la défense territoriale des forces armées de Kharkiv a expulsé les Russes et s'est installé à la frontière", a indiqué le ministère de la Défense sur sa page Facebook, en publiant une vidéo de soldats armés devant un poteau-frontière peint en jaune et bleu, couleurs du drapeau ukrainien, et avec un trident, le blason de l'Ukraine.

Dans la même lignée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré lors d'une nouvelle prise de parole en vidéo, que "les occupants refusent d’admettre qu’ils sont dans une impasse" en Ukraine, et que "leur soi-disant opération spéciale a échoué."

• Un enregistrement du Moskva avant son naufrage dévoilé

Côté russe, c'était l'une des plus grosses pertes, à la fois stratégique et symbolique depuis le début du conflit. En avril dernier, Moscou voyait le Moskva, fleuron de sa flotte maritime, sombrer dans la mer Noire. Un vaisseau amiral qui, selon la version officielle du Kremlin avait été victime d'une tempête. À la suite du naufrage, Kiev affirmait de son côté être parvenu à neutraliser le navire grâce à des frappes de missiles.

Ce lundi, l'armée ukrainienne a mis en ligne un enregistrement réalisé quelques minutes avant le naufrage, où l'on peut entendre les commandants du Moskva demander assistance.

"Bateau-remorqueur, est-ce que vous me recevez? Situation d’urgence sur le Moskva: deux impacts, le bateau va se renverser sur le côté, inclinaison de 30 degrés, l’hélice est détruite. L’impact est en dessous de la ligne de flottaison. Impossible d’approcher du bateau remorqueur! Sauvetage de l’équipage demandé!", peut-on entendre.

Un échange qui contredit la version russe, puisque les officiers eux-mêmes évoquent des impacts sur la coque.

• La Suède demande son adhésion à l'Otan

Après la demande de la Finlande de rejoindre l'Otan ce dimanche, la demande de la Suède ne semblait plus qu'être une question d'heures. Elle est devenue officielle ce lundi après-midi, par l'intermédiaire de la Première ministre Magdalena Andersson, qui a évoqué une nouvelle "ère" pour le pays scandinave.

"Le gouvernement a décidé d'informer l'Otan de la volonté de la Suède de devenir membre de l'alliance", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. "Nous quittons une ère pour entrer dans une nouvelle", selon la dirigeante suédoise.

L'ambassadeur suédois auprès de l'Otan va transmettre "sous peu" la candidature de Stockholm. La Suède et la Finlande avaient déjà annoncé leur volonté de déposer leur candidature simultanément. Et cette officialisation a rapidement suscité de nombreuses réactions. Si le président de la République Emmanuel Macron a annoncé soutenir "pleinement" cette démarche, toute comme la ministre des Affaires étrangères britannique Liz Truss, qui a estimé que les deux pays devraient être intégrés à l'Otan "dès que possible", cette demande ne passe toujours pas du côté de la Turquie.

Déjà vendredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait exprimé son hostilité à l'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'Alliance atlantique. Une ligne qu'il a gardée ce lundi assurant qu'il "ne céderait pas" sur ce point.

Dans un communiqué, l'Elysée a dans la foulée assuré que la France "se tiendrait aux côtés de la Finlande et de la Suède" en cas d'agression.

• "L'élargissement de l'Otan provoquera des réponses de notre part", assure Poutine

Lors d'une prise de parole tenue en marge d'un sommet de l'OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), le président russe Vladimir Poutine est revenu sur la volonté de la Suède et de la Finlande d'adhérer à l'Otan. Si le président russe a affirmé qu'il s'agissait "d'un problème créé de manière artificielle" et que "la Russie n'avait pas de problèmes avec ces états", il a toutefois mis en garde.

"Il n’y a pas de menaces directes par l’entrée de ces pays dans l’Otan, mais l’élargissement militaire sur ces territoires provoquera notre réponse, qui sera en fonction des menaces. Bien évidemment, nous allons réagir de manière adéquate", a-t-il prévenu.

Pour ce qui est de l'invasion russe, le chef d'État a martelé encore une fois que "dans notre pays voisin, l'Ukraine, le nazisme a depuis longtemps repris le dessus", justifiant ce qui est encore désigné en Russie comme une "opération spéciale".

Vladimir Poutine a également assuré que cette présence du "nazisme" en Ukraine était accompagnée d’une explosion de russophobie "dans des pays soi-disant civilisés".

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